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La Transat Jacques Vabre

LA TRANSAT JACQUES VABRE MET LE CAP SUR LA MARTINIQUE

Après Cartagena (Colombie), Salvador de Bahia (Brésil), Puerto Limon (Costa Rica) puis Itajaí (Brésil), la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre met le cap sur Fort-de-France (Martinique) cette année. Une première pour la plus longue des transatlantiques en double, dont la 15e édition s’élancera du Havre le 7 novembre prochain. 86 bateaux sont attendus sur la ligne de départ.

Nouvelle équipe, nouveau parcours, nouvelles ambitions : l’édition 2021 de la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre sera inscrite sous le signe du changement. Plus qu’une course, la Route du Café veut devenir un évènement. Et profiter de
sa notoriété pour se rendre utile, inspirer, rassembler, innover et transmettre. Elle a lancé dans ce sens deux projets innovants : un concours ouvert aux start-ups et étudiants pour mettre en avant des projets favorisant la baisse de nos impacts, ainsi qu’une conférence sur les bonnes pratiques environnementales. Elle a également encouragé une fille souhaitant s’engager sur sa 1ère transatlantique. Et pour renforcer liens entre navigation réelle et virtuelle, une 5e classe fait son arrivée au classement officiel : Virtual Regatta. L’objectif de ces initiatives : valoriser les performances et respecter son environnement. De belles perspectives pour la course organisée par la Ville du Havre et le Groupe JDE (propriétaire de la marque Jacques Vabre), ses membres fondateurs, rejoints par la Région Normandie.


UN PLATEAU RELEVE POUR UNE EDITION RECORD

Le plateau 2021 de la Transat Jacques Vabre sera relevé dans toutes les classes.

Avec 51 inscrits dont une bonne dizaine de bateaux neufs, la Class40 sera la plus représentée sur la course. Avec un tel plateau, la bagarre s’annonce ouverte et disputée à tous les étages. Parmi les forces en présence, on retrouve le vainqueur de l’édition 2019 Ian Lipinski (Crédit Mutuel) ou encore le duo Jean Galfione/Eric Péron (Serenis Consulting). A noter la présence du Martiniquais Eric Baray aux côtés de Jean-Édouard Criquioche (Cinémas Grand Forum). En IMOCA, 23 bateaux seront sur la ligne de départ, dont beaucoup de concurrents du Vendée Globe, à commencer par son vainqueur : Yannick Bestaven (Maître Coq). Et ses dauphins Charlie Dalin (Apivia) et Louis Burton (Bureau Vallée 3). La Class Ocean Fifty compte quant à elle sept inscrits dont le tenant du titre Gilles Lamiré (Groupe CGA – 1001 Sourires). Enfin, la catégorie Ultime, absente en 2019, fait son retour en force avec cinq bateaux : Actual Ultim 3, Banque Populaire XI, Maxi Edmond de Rothschild, Sodebo Ultim 3 et SVR-Lazartigue.


TRANSAT JACQUES VABRE
15e édition - 7 novembre 2021

UNE COURSE, TROIS PARCOURS

Cette année, la Transat Jacques Vabre propose trois parcours corsés, adaptés aux vitesses très éclectiques des bateaux : un pour les Ocean Fifty et les IMOCA, un pour les Ultimes et un pour les Class40, avec un tronc commun jusqu’aux Canaries. Après avoir coupé la ligne de départ et passé une bouée devant Étretat, les duos devront démancher au plus vite tout en faisant attention au trafic maritime en Manche puis à la pointe de Bretagne. Ils devront ensuite négocier la traversée du golfe de Gascogne, doubler le cap Finisterre et mettre du Sud dans leur route pour attraper les Alizés au Sud des Canaries.


1 - OCEAN FIFTY ET IMOCA - 5.800 MILLES

Les deux classes feront parcours commun. « Après avoir mis le Cap au Sud direction le Pot-au-Noir puis l’Équateur, il faudra contourner l’archipel brésilien de Fernando de Noronha avant de faire route au Nord-Ouest dans l’alizé sur un bord assez inédit vers la Martinique », détaille Charlie Dalin (APIVIA), vainqueur de la course en IMOCA en 2019. Les Ocean Fifty sont attendus à Fort-de-France en 12 à 15 jours, les IMOCA en 14 à 17 jours.


2 - ULTIMES - 7.500 MILLES

Plus grands et plus rapides que le reste de la flotte, les Ultimes effectueront le parcours le plus long, avec un waypoint à contourner : Trindade et Martim Vaz, un archipel brésilien situé au large de Rio de Janeiro. La difficulté majeure : trouver le bon compromis pour franchir le Pot-au-Noir. Et comme les Ocean Fifty et les IMOCA, ils devront doubler le passage de l’Équateur et du Pot-au-Noir. Les bateaux devraient arriver 16 à 17 jours après le départ.

La Transat Jacques Vabre

3 - CLASS40 - 4.600 MILLES

Moins véloces, les Class40 échapperont au Pot-au-Noir. Ils devront laisser à tribord l’île de Sal dans l’archipel du Cap Vert, où ils devront composer avec les dévents et auront quelques obstacles à gérer. Avant de faire route directe vers la Martinique où ils sont attendus après 17 à 22 jours de mer. « C’est bien de ne pas avoir de Pot-au-Noir car ce n’est jamais une partie de plaisir pour nous, marins. Les Class40 ont un parcours plus court. Ça devrait permettre à toutes les classes d’arriver dans un timing pas trop éloigné. C’est bien pour nous, pour le public et pour la fête. Tout dépendra de la météo sur la 1ère partie du parcours. En tous cas, on s’attend à une belle bagarre à tous les étages en Class40 », se réjouit Kito de Pavant, skipper du Class40 HBF – Reforest’Action.


RETOUR SUR LA ROUTE ORIGINELLE DU CAFE

Terre de voile, Fort-de-France accueillera pour la 1ère fois l’arrivée d’une course au large de cette envergure, sous la houlette de l’Association Martinique Transat. Créée par GBH et le CMT en partenariat avec la Ville de Fort-de-France, le Grand Port Autonome de Martinique et le skipper Gilles Lamiré, cette dernière assure l’accueil de la course en Martinique. « Accueillir la course est une formidable opportunité de valoriser notre patrimoine maritime et les Yoles de Martinique. D’ailleurs, deux des yoles pavoisées avec le logo de l’UNESCO seront organisées le 28 novembre, avec en point d’orgue la remise du titre de l’inscription de la yole à l’UNESCO. Certains skippers y participeront », commente Damien de Longueville, son président. « Nous voulons que la course ait du sens. La course, qui devrait générer de belles retombées économiques et médiatiques, permettra aussi de mettre en valeur notre culture, nos atouts touristiques, ainsi que la filière caféière. C’est important car la Martinique est le point d’entrée du café aux Amériques. Les premiers plants de café Arabica Typica, issus du jardin de Louis XIV, y ont été apportés au XVIIIe siècle, par Gabriel de Clieu et y ont été cultivés avant d’être introduits en Amérique du Sud », poursuit-il. Ce nouveau parcours permettra donc aux skippers d’emprunter l’originelle Route du Café. Une belle découverte en perspective.


LA MARTINIQUE, BERCEAU DU CAFE DES AMERIQUES

La Martinique, île d’expérimentation, n’a cessé, depuis le début de sa colonisation, d’abriter les tentatives les plus originales d’exploitation de son terroir tropical. Et parmi les nombreux essais, entre le cacao, l’indigo, le tabac ou la canne à sucre, une petite baie aux aventures hors du commun : le café !


ORIGINE

Entre mythe fondateur, hypothèses farfelues et jolis contes, difficile de s’y retrouver pour remonter aux origines de l’utilisation du café. Plante millénaire, l’histoire raconte qu’elle dévoile ses vertus dans le Yémen (ou l’Ethiopie ?) du XIIème siècle, préparée en décoction par des bergers de la région. L’on murmure même que ce sont des feux de broussaille, pris autours des caféiers, qui auraient révélé aux observateurs les merveilles de la torréfaction.
Par-delà le roman, c’est surtout la raison d’Etat qui s’invite, au courant du XVIIe siècle, dans l’épopée du petit fruit. Déjà bien diffusé au Proche-Orient, le café fait monde, et parvient bientôt aux palais savants des premiers commerçants-colons de Hollande. Ils s’en saisissent tôt, et développent à mesure, sa culture. Au commencement du XVIIIe siècle, ce sont toutes les cours européennes qui jalousent cette plante inédite et l’installent dans leurs serres nationales, comme au Jardin des Plantes, sous la protection de Louis XIV.


LE CAFE DE MARTINIQUE, PERE DE TOUS LES PLANTS !

Et c’est là que l’histoire, facétieuse, prend un tournant proprement romanesque : la petite baie voyageuse tombe sous l’oeil avisé du Chevalier Gabriel De Clieu, qui y voit la solution parfaite pour relancer les exploitations atones de cacao à la Martinique. En 1721, au terme d’une traversée de toutes les aventures, le petit plant de café débarque enfin au pied de la Pelée. Repiqué sur les contreforts du volcan, il s’épanouit de façon prodigieuse et fournit bientôt de quoi reconvertir les exploitations de cacaoyer sur l’ensemble de l’île. Mieux, il diffusera, en une poignée d’ans, dans la Caraïbe entière : Saint-Domingue, Guadeloupe, Jamaïque et, plus loin, le continent américain !
Vient le temps du succès, de l’abondance des récoltes et du commerce-océanique. Dans cette épopée mondiale qui se dessine, La Martinique, elle, maintient sa production jusqu’à la Révolution française. Las, cette fin d’un monde n’épargne guère le café de l’île, pour lequel la liste des malheurs ne semble jamais vouloir finir : appauvrissement des terres, maladies, concurrence féroce de la canne et de ses cristaux plébiscités, vicissitudes politiques condamnent à mesure le café et ses exploitations, qui cèdent une à une aux sirènes du tout sucre et de la vapeur. Clin d’oeil grinçant, c’est au café que l’on pensera pour succéder aux modèles malades des usines sucrières du début XXe, sans que sa pertinence économique ne se trouve.

UNE FILIERE EN EBULLITION

Mais alors, que reste-t-il donc de ce fameux café martiniquais ? Au long du dernier siècle, une poignée d’entrepreneurs fait vivre le mythe : depuis 1940, la Tivolienne s’échine à produire un café torréfié localement, alors même que l’origine des grains, à mesure du délitement de la filière locale, s’ouvre au monde. Plus récemment, d’autres, comme Ti Kafé, se sont relancés à la reconquête d’une production 100% martiniquaise qui pourrait s’alimenter de récoltes de particuliers, encore très confidentielles. Et c’est justement le projet fou du CIRAD et de la Collectivité Martinique, qui s’échinent de conserve, depuis 2017 : faire renaître une filière locale aux ambitions mondiales. Une variété historique, l’Arabica Typica, des cultivateurs triés sur le volet et une science précise des terroirs et de l’agronomie doivent aboutir, à terme, à la production d’un café aux mille arômes du Nord, au coeur du Parc Naturel Régional de la Martinique. Le café de Martinique, un cycle abouti ?






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